Cinq expertes se sont penchées sur les effets des réseaux sociaux sur les enfants et adolescents. Si ces échanges virtuels peuvent aggraver les symptômes dépressifs et entraîner une perte d’estime de soi, ils ont aussi des aspects bénéfiques, en permettant de renforcer ses liens sociaux.

Si vous avez des enfants, il y a de fortes chances que vous vous inquiétiez de leur présence sur les médias sociaux. À qui parlent-ils ? Que mettent-ils en ligne ? Sont-ils victimes de harcèlement ? Est-ce qu’ils y passent trop de temps ? Est-ce qu’ils ont conscience que la vie de leurs amis n’est pas aussi extraordinaire que ce qu’ils affichent sur Instagram ? Nous avons demandé à cinq experts si les médias sociaux nuisent aux enfants et aux adolescents.
Les quatre experts qui considèrent que les médias sociaux sont nuisibles s’appuient sur leurs effets négatifs sur la santé mentale, le risque d’apparition de troubles du sommeil, de cyberharcèlement, de comparaison négative avec les autres, de dégradation de la perception de son corps, ou encore en raison des questions liées à la vie privée.

Cependant, ils ont également admis que les médias sociaux peuvent avoir des effets positifs en connectant les jeunes les uns avec les autres, et ils reconnaissent que vivre sans y avoir accès pourrait être ostracisant.

Pour Marie Yap, qui fait entendre une voix dissidente, les médias sociaux ne sont pas nuisibles en eux-mêmes, mais les problèmes résultent de la façon dont ils sont utilisés.

Joanne Orlando, chercheuse (Western Sydney University)

« Oui, si une trop grande quantité d’informations sur la vie d’un enfant se retrouve publiquement consultable en ligne. Les enfants ont droit à la vie privée. Il s’agit même d’un des droits mentionnés par la Convention des droits de l’enfant. Lorsqu’on partage en ligne des images d’enfant, il faut tenir compte des conséquences à court et long terme que ce geste aura pour eux.

Les répercussions peuvent concerner non seulement leur sécurité, mais aussi la possibilité de ne pas avoir à traîner derrière eux, durant toute leur vie, des traces numériques de leur histoire personnelle. Ils doivent aussi avoir l’opportunité de façonner leur identité numérique comme bon leur semble, afin qu’ils se sentent à l’aise.

En attendant qu’ils soient capables de le faire eux-mêmes, ce rôle est dévolu aux parents. Ce rôle étant temporaire, il est important de faire preuve de prudence, notamment en ce qui concerne la durée de ce que l’on choisit de partager, et les modalités selon lesquelles les vidéos, les images et les commentaires qui les concernent sont partagés. »

Karyn Healy, psychologue (University of Queensland)

« Oui, les médias sociaux peuvent causer des dommages. Un accès sans entrave peut exposer les jeunes au cyberharcèlement. Ils peuvent aussi se retrouver face à des contenus inappropriés dont la consultation peut avoir des conséquences dévastatrices. Les algorithmes de suggestion de contenu qui s’appuient sur les centres d’intérêt peuvent par exemple amplifier toute tendance à la dépression et à l’automutilation, ce qui peut augmenter le risque de suicide. Les responsables de ces réseaux ont d’ailleurs été encouragés par les gouvernements à apporter des modifications visant à réduire ces risques.

On peut aussi craindre que le temps excessif passé sur les médias sociaux réduise le temps consacré aux interactions sociales et aux activités physiques. Cependant, pour l’instant les données sur ce sujet ne sont pas concluantes.

Malgré ces dangers, il est difficile d’empêcher l’accès aux médias sociaux. Non seulement parce qu’en être coupé est également associé à un moins grand bien-être, mais aussi parce que les liens sociaux qui peuvent s’y tisser renforcent les amitiés, et peuvent procurer aux enfants un soutien protecteur contre la dépression et le harcèlement. Grâce aux médias sociaux, les jeunes peuvent entrer en contact avec d’autres pour échanger à propos des problèmes de la planète, ce qui peut bénéficier à tous.

Pour réduire les risques, les parents peuvent paramétrer les accès afin de s’assurer que leurs enfants ne consultent que des plates-formes adaptées à leur âge, et échanger avec eux sur la façon d’utiliser les réseaux sociaux. »

Susan J Paxton, professeure de psychologie (La Trobe University)

« Oui, l’utilisation des médias sociaux, en particulier l’utilisation fréquente des médias sociaux basés sur le partage de photos, est nuisible à la santé mentale des jeunes. Les adolescents cherchent à trouver leur place dans le monde. Une façon de le faire est de comparer leur vie avec celle de leurs amis, de leurs pairs et des célébrités présentées sur les médias sociaux. Or, les comparaisons qu’ils font sont généralement négatives, car les gens partagent les images les plus attrayantes qu’ils puissent produire. On peut le comprendre, mais en conséquence les points de comparaison sur lesquels se basent les adolescents sont irréalistes et idéalisés.

En outre, les filles en particulier ont tendance à faire des comparaisons concernant des aspects d’elles-mêmes dont elles doutent déjà ou qui les rendent malheureuses. Par conséquent, l’utilisation des médias sociaux à des niveaux élevés peut aggraver les symptômes dépressifs, entraîner une perte d’estime de soi, des problèmes de représentation de son corps, et des troubles de l’alimentation. Pour la plupart des adolescents, vivre dans le monde réel est déjà assez difficile. Inutile d’ajouter la pression irréaliste des mondes idéalisés que proposent les médias sociaux. »

Tracii Ryan, chercheuse en éducation (University of Melbourne)

« Oui, l’utilisation des médias sociaux peut avoir un impact négatif sur la santé mentale des enfants et des adolescents. La recherche empirique sur l’utilisation des médias sociaux indique que les jeunes peuvent éprouver une détresse psychologique s’ils sont exposés à la cyberintimidation, au cyberostracisme, au cyberharcèlement ou s’ils ont tendance à se dévaloriser lorsqu’ils se comparent aux autres.

Les jeunes enfants peuvent aussi éprouver de l’anxiété et développer des troubles du sommeil s’ils tombent par inadvertance sur des images inappropriées sur les médias sociaux. Cependant, bon nombre de ces risques ne sont pas propres au monde en ligne — ils existaient bien avant que les médias sociaux ne soient disponibles. De plus, il faut reconnaître que ces conséquences psychologiques négatives ne concernent pas automatiquement tous les jeunes qui utilisent les médias sociaux. En réalité, la recherche suggère que l’utilisation des médias sociaux peut améliorer le bien-être psychologique de certains d’entre eux, par exemple en diminuant la solitude de jeunes qui ont peu de relations sociales ou qui sont victimes d’anxiété sociale lorsqu’ils se retrouvent face aux autres. »

Marie Yap, professeure de psychologie (Monash University)

« Les médias sociaux en eux-mêmes sont des outils neutres ; c’est le comment, le quoi, le qui, le quand et le pourquoi de leur utilisation qui détermine les conséquences de leur fréquentation. Ils sont désormais omniprésents dans nos vies, et encore plus dans celle de nos enfants et adolescents, nés à l’époque du numérique. En faire des ennemis, en se concentrant uniquement sur leurs aspects négatifs et en interdisant leur utilisation, aura probablement des effets pervers.

Il est plutôt essentiel d’éduquer les enfants et les jeunes à la cybersécurité et à une utilisation responsable des médias sociaux. En outre, les parents/personnes qui sont en charge de jeunes enfants devraient constamment les superviser et leur procurer des conseils. Il ne faut pas hésiter à s’engager avec eux dans l’utilisation des médias sociaux, en fixant des limites (par exemple, avec qui ils échangent et ce qu’ils partagent), et en les laissant libres de mettre en place une utilisation responsable par eux-mêmes.

En ce qui concerne les adolescents, qui sont à la recherche d’une plus grande autonomie vis-à-vis de leurs parents (ce qui est sain et normal !), il faut avoir avec eux une discussion ouverte sur les avantages et les inconvénients potentiels de l’utilisation des médias sociaux, et convenir des limites nécessaires pour gérer correctement leur utilisation. »

Source: https://www.ouest-france.fr/

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